
Lara Suffit, une vocation au service des élèves en décrochage
À 35 ans, Lara Suffit mène de front vie professionnelle, reprise d’études et engagement personnel. Mère d’une petite fille de 2 ans, elle exerce depuis 11 ans comme assistante sociale scolaire et poursuit aujourd’hui un Master MEEF 1er degré en formation hybride à distance à la Faculté d’Éducation, sur le site de Carcassonne.
Au cœur de son métier : la prévention de l’absentéisme, la lutte contre les inégalités et l’accompagnement des élèves en difficulté. En lien étroit avec les équipes éducatives et les CPE, elle repère les situations fragiles et intervient parfois au domicile des familles, dans des contextes souvent complexes. Une expérience de terrain qui nourrit aujourd’hui un projet ambitieux.
Lauréate du concours 5 minutes pour convaincre organisé par l’Université de Montpellier, elle y a présenté une initiative qui lui tient particulièrement à cœur.
Pouvez-vous nous présenter votre projet en quelques mots ?
« Ce projet vise à créer une association de remobilisation scolaire pour des jeunes de 10 à 16 ans en situation de décrochage ou de fragilisation. Il repose sur une prise en charge à taille humaine, avec un accompagnement individualisé mêlant apprentissages fondamentaux et activités éducatives. L’objectif est de prévenir ou réparer la rupture scolaire en redonnant de la confiance, du sens et du cadre aux jeunes. Le dispositif s’organise autour de trois piliers : rattrapage scolaire, ateliers pratiques et développement des compétences psychosociales. Pensé comme une étape transitoire, il favorise le retour vers une scolarité classique ou une orientation adaptée, en lien avec les familles et les partenaires.»
Un projet qu’elle construit en équipe, avec un collègue titulaire d’un Master MEEF, engagé dans le soutien scolaire, ainsi que son conjoint, enseignant en arts plastiques. Le projet pédagogique est déjà structuré et un lieu d’accueil identifié, même si des aménagements restent nécessaires.
Pourquoi avoir participé à ce concours ?
« C’était un défi personnel. Je voulais dépasser ma timidité et incarner ce projet. J’avais aussi besoin de le confronter à des regards extérieurs. Les retours ont été très riches et encourageants. »
Comment envisagez-vous la prise en charge des jeunes ?
« Les élèves seront repérés avec les services de l’Éducation nationale. Une période d’essai de deux à trois semaines permettra de valider leur entrée dans le dispositif, avant un accompagnement d’environ un an, avec pour objectif une réintégration scolaire. »
En quoi votre expérience professionnelle est-elle un atout ?
« Mon métier m’a confrontée à des situations très difficiles. J’ai vu des enfants en grande souffrance. Mon objectif est de relier l’éducatif et le pédagogique, pour sécuriser les jeunes tout en les accompagnant dans les apprentissages fondamentaux. »
Une ambition qui explique son engagement dans le Master MEEF :
« Au-delà des compétences, cette formation m’apporte une légitimité essentielle pour porter ce projet. »
Pourquoi avoir choisi la formation à distance ?
« C’est un équilibre indispensable avec ma vie de famille. Sans cette modalité, j’aurais probablement repoussé ce projet de plusieurs années. »
Aujourd’hui, elle se dit pleinement satisfaite : qualité des enseignements, organisation adaptée, accompagnement individualisé… autant d’éléments qui facilitent son parcours, notamment pour la réalisation de stages à proximité de son domicile.
Et la suite ?
« Mon objectif est de valider mon Master et de lancer l’association dans la foulée. Je suis actuellement en recherche de financements, mais aussi d’un accompagnement technique et administratif pour concrétiser ce projet. »
À travers cette initiative, Lara Suffit porte une conviction forte : agir tôt, autrement, et au plus près des besoins des jeunes pour prévenir les ruptures scolaires et redonner à chacun une chance de réussir.
